Consiel Général du Loiret

3 questions à Eric Doligé,
Président du Conseil général


 

Eric Doligé, Président du Conseil généralLe Conseil général vient d'instaurer un système de tarif unique à 2 € le voyage. En quoi consiste ce nouveau dispositif, à qui s'adresse t-il et combien va-t-il coûter ?
E.D : Jusqu'à présent, le tarif du transport en car dans le département dépendait de la distance parcourue. Ce nouveau dispositif institue un tarif unique fixé à 2 € pour tous et ce, quelle que soit la destination (hors correspondance).
Il s'agit d'une baisse de prix conséquente pour les voyageurs. Par exemple, le coût d'un aller-retour Orléans - Montargis passera de 24 € à 4 €. Une véritable économie dont tout le monde pourra bénéficier puisque ce dispositif s'adresse aussi bien aux personnes âgées, qu'aux jeunes (qui bénéficient déjà du transport scolaire gratuit), aux personnes en recherche d'emploi, ou tout simplement aux salariés. C'est donc un véritable gage d'équité et de lisibilité.



La deuxième nouveauté ULYS est "Le transport à la demande", en quoi consiste ce service ?
E.D : Le Département va expérimenter début septembre, un nouveau service de transport à la demande dans le Pithiverais. Le principe est le suivant : Un habitant dont la commune n'est pas desservie par une ligne de car et qui doit se rendre à un rendez-vous pourra demander qu'un car passe dans sa commune. Il lui suffira de téléphoner la veille sur la base de lignes et d'horaires prédéfinis, Cinq minibus de huit places, aménagés également pour les personnes à mobilité réduite, ont été prévus. Pour l'instant ce dispositif est expérimenté dans 61 communes du Pithiverais A l'issue de l'évaluation de ce service, nous envisageons de l'élargir en septembre 2007 à d'autres zones géographiques.

Quels sont les enjeux d'un tel dispositif ?
E.D : L'enjeu est triple : économique, environnemental et financier.
Economique, parce que le transport est au cœur de l'emploi. En effet, les personnes au chômage ont besoin d'être mobiles pour mener à bien leur recherche, et se rendre par exemple à des entretiens. Les salariés, quant à eux, doivent parfois parcourir des kilomètres pour se rendre sur leur lieu de travail. Il faut également replacer ce dispositif dans un contexte de "retour à l'implantation rurale" : de plus en plus d'habitants s'éloignent des villes. Et, dans un contexte de hausse du prix du pétrole, un geste en faveur des transports en commun est particulièrement opportun notamment pour les populations fragilisées par un isolement social ou géographique.
Sur l'aspect environnemental qui reste au cœur des préoccupations de notre Assemblée départementale, le développement des transports en commun est un moyen efficace de ralentir les effets néfastes de la pollution automobile.
Au plan financier, toutes les mesures de développement de l'offre ont été réalisées à budget quasi constant en optimisant le réseau, notamment par la réduction des circuits scolaires au profit de lignes régulières ou de transport à la demande.
Seule la tarification unique constitue un pari dont le coût maximal est évalué à environ 700 000 € par an sur la base de la fréquentation actuelle qui, nous l'espérons, progressera sensiblement.